Discours du secrétaire général de la CIB, Journées des Barreaux de Kinshasa

Discours du secrétaire général de la CIB, Journées des Barreaux de Kinshasa

Les avocats sont les premiers acteurs de la francophonie et il était bien naturel qu’ils se retrouvent à travers leur barreau au sein de cette grande communauté culturelle que constitue la CIB. Le discours du secrétaire général de la CIB, le bâtonnier Bernard Vatier, à l’occasion des Journées des Barreaux de Kinshasa était l’occasion de le rappeler.

Monsieur le Vice Premier Ministre,

Monsieur le représentant du Ministre de la justice,

Messieurs le parlementaires, Mesdames, Messieurs les Ministres,

Messieurs les hauts Magistrats,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le Bâtonnier National,

Messieurs les Bâtonniers, Mes Chers Confrères.

La Conférence International des Barreaux de tradition juridique commune a aujourd’hui 30 ans. Elle est plus jeune que votre barreau qui quant à lui fête ses 48 ans.

Elle a eu la chance de s’enrichir de l’apport des barreaux qui la compose, en premier lieu des barreaux de la RDC et de ceux de toute la communauté francophone, et même au-delà, si je compte la Bulgarie et l’Arménie qui nous ont rejoint au congrès de Dakar.

La CIB a su développer en son sein des liens de solidarité très forts grâce au partage du français et au partage des valeurs de la francophonie. La culture de la francophonie repose sur l’humanisme tel qu’il a été mis en évidence au siècle des lumières et qui s’exprime par le triptyque : liberté, égalité et fraternité.

Ces valeurs sont défendues par le droit et par la justice car le droit est le vecteur d’une culture.

Les avocats sont ainsi les premiers acteurs de la francophonie et il était bien naturel qu’ils se retrouvent à travers leur barreau au sein de cette grande communauté culturelle que constitue la CIB.

Les besoins que nos barreaux éprouvent de se retrouver au sein de cette communauté sont doublement légitimes.

En premier lieu, la confrontation de nos pratiques au sein d’une tradition juridique commune nous enrichit sans cesse. Lors de nos congrès nous partageons nos expériences sur la justice et sur l’Etat de droit et les bonnes pratiques de notre organisation.

Ainsi à Abidjan à Dakar à Cotonou nous avons évoqué l’importance de la responsabilité de nos barreaux dans la recherche jamais acquise de l’Etat de droit et de la démocratie.

Nous poursuivrons demain Yaoundé nos réflexions sur la contribution des barreaux et des avocats à la préservation d’un Etat de droit sans cesse en danger. Je vous invite tous à vous rendre à Yaoundé du 7 au 10 décembre pour prendre part à nos travaux.

En second lieu, l’affirmation de la solidarité des barreaux au sein de la francophonie offre à chacun d’entre eux une protection. Il faut se souvenir que l’avocat est un contre-pouvoir. Ce contre-pouvoir ne peut être exercé sans protection.

Le barreau en énonçant des règles déontologiques, garantit l’application des règles de bonne justice : indépendance de l’avocat, protection du secret professionnel et prohibition du conflit d’intérêts, impartialité du juge.

Le barreau protège l’avocat dans l’exercice de sa mission et le sanctionne en cas de manquement.

Le barreau exerce ainsi sa fonction de contre-pouvoir à l’égard des autres pouvoirs, pouvoirs politiques ou pouvoirs économiques.

Mais le barreau est faible. Il a pour seule arme la parole. Il a ainsi besoin d’être protégé. C’est avec les liens étroitement tissés au sein de notre communauté culturelle que s’affirme le rôle de notre Conférence. La CIB est un peu l’expression de la conscience universelle qui s’exprime par la voie de la francophonie.

Monsieur le Bâtonnier National, l’année dernière, vous aviez fait un très beau discours.

Vous aviez rappelé l’histoire du barreau de la RDC et avez décrit le chemin parcouru depuis sa création en 1968.

Vous avez rappelé que le barreau est par nature le pot de terre quand l’Etat est un pot de fer. Et vous avez rappelé que pour compenser ce déséquilibre, la loi du 28 septembre 1979 avait doté le barreau d’une organisation qui concourt à sa légitimité et à sa finalité.

L’ordre national édicte les règles qu’il estime convenables à la sauvegarde de l’honneur des droits et des intérêts professionnels des avocats. Il est le législateur de la profession. Il est le juge disciplinaire. Ce faisant, il garantit l’indépendance de l’avocat. Il constitue un écran légitime entre les pouvoirs, quels qu’ils soient, et l’avocat.

La CIB, en regroupant les barreaux au-delà des frontières et en renforçant la solidarité entre ses membres, contribue à la légitimité de l’action de chacun des barreaux en faveur de la justice et de l’état de droit. Ce rassemblement constitue notre force. Et cette force, elle est acquise grâce au soutien des barreaux membres et en particulier des barreaux de la RDC

Je suis heureux de pouvoir le rappeler à l’occasion de cette manifestation à laquelle je me réjouis de prendre part.

Mesdames, Messieurs les Bâtonniers, je voudrais remercier les barreaux de Kinshasa Gombé et Kinshasa Matété de l’honneur qui est fait à la CIB d’être présente parmi vous aujourd’hui.

Bâtonnier Bernard VATIER

Secrétaire général de la CIB