Procès-Verbal de l’Assemblée Générale, Yaoundé,  9 décembre 2016

Procès-Verbal de l’Assemblée Générale, Yaoundé, 9 décembre 2016

Le 31ème congrès la Conférence Internationale des Barreaux de tradition juridique commune (CIB) s’est tenu à Yaoundé au Cameroun du 7 au 9 décembre 2016. Il a rassemblé plus de 1200 avocats venant de 24 pays différents qui ont pu échanger sur les problèmes posés par l’Etat de Droit face aux nouveaux défis sécuritaires.

Le procès-verbal de l’Assemblée générale est accessible ici.

Les résolutions votée à l’occasion du 31ème congrès de la CIB sont accessibles ici.

Ce congrès a été exceptionnel par le nombre de participants ainsi que par l’enthousiasme et l’attention soutenue aux travaux que ceux-ci ont manifesté. Les avocats ont marqué leur volonté de voir respecter l’Etat de droit dans le cadre d’une culture juridique commune. Ils ont insisté sur l’intangibilité des Constitutions, sur les garanties constitutionnelles de l’état de Droit et l’indépendance des acteurs de la justice, avocats comme magistrats. Les travaux n’ont pas manqué d’évoquer les responsabilités des barreaux dans la lutte contre le blanchiment d’argent, contre le financement du terrorisme et sur la responsabilité sociale de l’avocat. Le débat sur les femmes avocates et avocats de femmes a soutenu l’attention de tous les congressistes.

Il n’existe pas de lieu au monde où des avocats originaires d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, des Caraïbes, d’Arménie et de toute la francophonie puissent ainsi échanger, progresser ensemble, défendre la Défense et se soutenir mutuellement lorsqu’ils sont attaqués. Dans les couloirs, les avocats échangent des cartes de visites, créent des synergies, se mobilisent pour un avocat emprisonné ou pour soutenir financièrement un barreau dont les locaux ont brulé.

C’est une francophonie de combat au service des avocats, des valeurs qu’ils défendent et des traditions juridiques communes qui les rassemblent pour le plus grand bénéfice de leurs clients.

Le concours d’éloquence qui a le soutien des grands éditeurs juridiques au premier rang desquels LexBase, mais également depuis cette année Lextenso et Wolterskluwer, a remporté un vif succès. L’auditorium était bondé, le public très attentif à chacun des discours des 10 candidats : Maître Nathan Laguerre de Port-au-Prince, Maître Nidal Kamal de Dakar, Maître Cheick Oumar Tounkara de Bamako, Maître Henry De Ron de Luxembourg, Maître Martin Majembere de Bujumbura, Maître Vincent Defraiteur de Bruxelles, Maître Arnaud Dekambi Mavoungou de Pointe-Noire, Maître Thomas Bocquet de Liège, Maître Florence Clotilde Ipanda de Yaoundé et Maître Bochra Kouch de Tunis, sur les sujets d’une profonde actualité qu’ils ont eu à traiter :

  1. L’international sera-t-il le genre humain ?
  2. Plaider est-il un acte de foi ?
  3. L’Etat de droit est-il une urgence ?
  4. Faut-il éclairer les passés troubles ?
  5. Une législation d’exception peut-elle devenir la norme ?

Le jury, a accordé le premier prix à Maître Florence Clotilde Ipanda, le deuxième prix ex aequo à Maître Vincent Defraiteur et Maître Thomas Bocquet et le troisième prix à Maître Nidal Kamal.

Le jury accueillait également pour la première année deux invités exceptionnels : Madame Sandrine Meslet, de La plume francophone – très important blog dédié à la littérature francophone – et Dawala, fondateur du Label Wati B – plus important label de rap et hip-hop en Europe. Confronter la parole de l’avocat à cette des auteurs et des artistes et vivre l’éloquence sous toutes ses formes : une ouverture que la CIB entend confirmer lors des prochains congrès annuels.

A l’issue du congrès, s’est tenue l’Assemblée générale au cours de laquelle le Bâtonnier Djikuy Président de la CIB pour l’année 2016, a remis le flambeau au Bâtonnier Ngnie Kamga, bâtonnier du Cameroun, qui sera président de la CIB pour l’année 2017. Le Secrétariat Général de la CIB est assuré par le Bâtonnier Bernard Vatier, assisté des bâtonniers Fall et Ochinsky respectivement anciens bâtonniers du Sénégal et de Bruxelles francophone.

L’assemblée a fixé le prochain congrès à Port-au-Prince, en Haïti, qui se tiendra dans la première semaine de décembre 2017. Les dates seront définitivement fixées au début de l’année 2017. Pour la première fois de son existence, la CIB a par ailleurs décidé de s’accorder plus de temps à la préparation de ses congrès et a donc d’ores-et-déjà fixé le congrès 2018 qui prendre place à Lausanne en Suisse.

Au-delà des questions de fond qui sont débattues au congrès, les avocats présents ont développé entre eux des liens de coopération pour leur permettre d’exercer à travers les frontières.

Les remerciements les plus vifs ont été adressés au Bâtonnier du Cameroun pour la remarquable organisation du congrès 2016.