39ᵉ Congrès et 40ᵉ anniversaire de la CIB
Lomé, Togo du 3 au 6 décembre 2025
Du 3 au 6 décembre 2025, la Conférence Internationale des Barreaux (CIB) a tenu à Lomé (Togo) son 39ᵉ congrès autour du thème : « De la robe au nuage : comment le numérique réinvente l’Avocat ? » et sa traditionnelle excursion au Togo et au Bénin.
Le congrès rassemblant 76 barreaux représentant 24 pays représentés à Lomé s’est tenu dans le cadre du 40e anniversaire de la CIB
Les travaux scientifiques se sont déroulés sur deux journées, du 3 au 5 décembre 2025, au Palais des congrès de Lomé. Ils ont réuni des avocats et des professionnels du droit qui ont échangé avec des panélistes de haut niveau sur des sujets essentiels pour la profession d’avocat. Tant la digitalisation des juridictions que celle des cabinets, des ordres et des juridictions.
Les travaux ont également permis la prise en compte des enjeux multidimensionnels de la digitalisation, notamment au regard de l’impact sur la lutte contre la corruption et les infractions économiques et financières.
Une représentation de haut niveau
Les évènements du 39e congrès et du 40e anniversaire de la CIB ont été lancés en présence du Président de l’Assemblée nationale de la République togolaise représentant le Président du Conseil, par le discours du ministre de la Justice du Togo et celui de la représentante pour l’Afrique de l’Ouest de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
Ces discours ont marqué l’attachement des autorités de la République togolaise à l’état de droit, comme en témoigne l’engagement pris dans le cadre du congrès de la CIB par le Président du Conseil de procéder à l’adoption d’une loi d’armistice en vue de la libération de plus de 1300 détenus. Cet engagement a été salué par la CIB qui reste attentive quant à l’effectivité des libérations.
Les discours des invités officiels ont été précédés par le mot de bienvenue du Bâtonnier Rustico LAWSON-BANKU, Président du Comité d’organisation, de Jean-François HENROTTE coordinateur des célébrations des 40 ans et de l’ouvrage « 1985-2025. La Conférence internationale des Barreaux, 40 ans d’engagement », du Bâtonnier Claude Folly ADAMA, bâtonnier hôte de notre congrès, ainsi que par le discours de Madame la Bâtonnière Murielle RENAR-LEGRAND, Présidente de la CIB, qui a accueilli les nombreuses délégations présentes.
La remise du Prix CIB Bâtonnier Stasi,
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la remise du prix international des droits fondamentaux de la CIB, baptisé Prix CIB Bâtonnier Mario Stasi. Cette distinction qui vient saluer l’engagement d’un avocat, d’une association d’avocats ou d’un barreau en faveur de la défense des droits fondamentaux a pu être mise en place grâce au soutien de Larcier Intersentia, partenaire stratégique de la CIB.
Le Prix CIB Bâtonnier Stasi 2025 a été attribué au collectif des Bâtonnières « Nos Voix pour Elles » avec l’association NAYESTAN, représenté par Madame la Bâtonnière Michèle GIROT-MARC, pour leur engagement en faveur des droits des femmes afghanes en France et à l’international, qui luttent contre l’apartheid de genre dont elles sont victimes dans leur pays. Le jury, présidé par Maître Xavier-Jean KEÏTA, a également tenu à saluer d’autres initiatives, comme celle du barreau de la Guyane visant à sensibiliser les jeunes face au phénomène de mules de plus en plus présent dans le trafic de stupéfiants à l’international et dont ils sont les premières victimes. Le Jury a également mis en avant les initiatives du RIFAV et de la Conférence du barreau de Bordeaux qui s’engagent pour donner une voix aux détenus tant par l’écriture que par l’art oratoire : Lien vers l’article sur le prix
Des témoignages mémorables
La Cérémonie d’ouverture a également été marquée par l’hommage du Secrétaire général de la CIB, le Bâtonnier Bernard VATIER, rendu aux fondateurs de la CIB dont le Bâtonnier Djovi GALLY du barreau du Togo, le Bâtonnier Yondo BLACK du barreau du Cameroun et le Bâtonnier Titinga Frédérique PACERE du barreau du Burkina Faso. Un hommage particulièrement émouvant fut également rendu à Maître Catherine CARDEROT, avocate au barreau de la Martinique qui avait contribué à l’organisation du 38e congrès de la CIB un an plus tôt et qui nous a malheureusement quittés quelques jours avant le congrès.
Deux journées de travail autour de la digitalisation
Les travaux scientifiques ont porté sur l’impact du numérique sur les activités des avocats dans leurs cabinets, mais également au sein des juridictions dont la digitalisation croissante soulève plusieurs enjeux qui ont été discutés lors des travaux. Les barreaux français et rwandais ont pu partager leurs expériences riches et les réponses apportées par les ordres professionnels. Nous avons également bénéficié des travaux du Professeur Gildas NONNOU, Professeur à l’Université d’Abomey Calavi.
Le congrès de Lomé fut également l’occasion pour la CIB de proposer un nouveau format de partage de connaissances, à travers des ateliers enrichissants tant pour les barreaux que pour les avocats. Cette année, les bâtonniers ont bénéficié d’un atelier, animé par Jérôme DELAS, vice-bâtonnier de Bordeaux et Anne Yolande NGO MINYOGOG, membre du Conseil de l’ordre du barreau du Cameroun, destiné à l’implémentation et l’utilisation de logiciels de gestion des ordres. Les avocats ont de leur côté pu suivre un atelier sur l’utilisation d’un logiciel de gestion des cabinets d’avocats et sur les moyens d’utiliser les outils numériques à leur disposition pour améliorer leur activité, animé par Joachim BILE-AKA, membre de notre comité des sages, et Jean-François HENROTTE, président d’honneur.
Enfin, les travaux du congrès ont également permis d’étudier les questions de déontologies professionnelles dans l’utilisation des outils numériques ainsi que les risques auxquels sont exposés les avocats afin de prévenir toute mise en cause de leur responsabilité.
Ces deux journées ont été respectivement clôturées par la session des jeunes et de l’égalité.
Un panel dédié au diplôme universitaire prévention et lutte contre la corruption et les infractions économiques et financières
L’après-midi de la première journée a été marqué par le panel intitulé « Le numérique : prévention ou facilitation des infractions financières ? », organisé en partenariat avec le Diplôme universitaire « Prévention et lutte contre la corruption et les infractions économiques et financières », porté conjointement par la CIB, l’Université Senghor et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
À cette occasion, les travaux scientifiques de Mme Ruth Grâce Mondo BIYOGHE, juriste de conformité, et de M. Tchilabalo Lidaowe BANIZI, magistrat, tous deux majors de la promotion 2025, ont été présentés. Le panel était comodéré par Monsieur le Bâtonnier Bernard VATIER, Secrétaire général de la CIB, et M. Michel SAPIN, ancien ministre de l’Économie et des Finances de la France, qui est également le parrain du diplôme universitaire.
Afin de bénéficier des travaux du congrès, vous pouvez commander les actes du congrès dans la bibliothèque de la CIB.
La Défense de la Défense
Ce moment du congrès marqué par l’expression de la confraternité et de la solidarité entre les barreaux de la CIB fut l’occasion pour le Président du Comité de la défense de la Défense, Monsieur le Bâtonnier Papa Laïty NDIAYE, de faire connaître le désarroi des avocats face à la détérioration de l’état de droit dans le monde, plus particulièrement de la situation des avocats victimes de menaces, d’enlèvement et de sévices corporels. Face à ses atteintes, il a appelé les avocats à ne pas se résigner en rappelant les mots de Martin NIEMÖLLER :
« Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »
La parole a été donnée à la salle et les avocats ont eu des échanges riches et nourris qui ont permis au Comité des résolutions de proposer les résolutions adoptées par le Congrès : lien vers les résolutions
Le Conseil d’administration en assurera le suivi.
La finale du Concours Monferrier Dorval
L’après-midi du 5 décembre a été marquée par une finale témoignant de l’excellence des candidats du Concours d’art oratoire de la CIB, baptisé Concours Monferrier Dorval en hommage au Bâtonnier Monferrier Dorval, ancien Bâtonnier du barreau de Port-au-Prince et président du congrès de Port-au-Prince, assassiné en 2020.
Les finalistes ont su dans leur discours allier éloquences et argumentation juridique pour assurer la poursuite ou la défense des protagonistes d’une affaire de corruption littéraire.
Le sujet :
« Faust signe un contrat avec le Diable qui lui donne des pouvoirs magiques et des plaisirs illimités en contrepartie du don de son âme pour l’éternité.
Faust et le Diable sont poursuivis pour corruption, »
Les parties à l’affaire :
Parties civiles :
- Dieu – Me Christelle PAULO, barreau de Port-au-Prince
- Anticor – Me Akata KOSSI, barreau du Togo
- Marguerite – Me Noémie GORIN, barreau de Paris
Le ministère public : Mme la Procureure, Maya Saxemard
La Défense :
- Faust – Me Pascaline FOBASSO, barreau du Cameroun
- Le Diable – Me Yoni SAM, barreau de Madagascar
Pour connaître les résultats, vous pouvez consulter l’article sur l’édition 2025 du Concours Monferrier Dorval : lien vers l’article sur le Concours.
L’Assemblée générale
L’Assemblée générale fut l’occasion pour les membres de la CIB de prendre connaissance des rapports financiers et moraux des responsables des activités et des finances de la CIB.
Lors de cette assemblée festive, le barreau de la Côte d’Ivoire a été désigné pour accueillir le congrès 2027. Un moment de célébration qui a été marqué par la présence de l’artiste MEWAY.
L’Assemblée a également assigné au Conseil d’administration la feuille de route initiée par le Forum des barreaux, qui s’est tenu à Lyon en avril 20025.
Ont été élus en qualité d’administrateurs :
- Madame la Vice-Bâtonnière Dominique ATTIAS;
- Monsieur le Bâtonnier Raymond OBAME SIMA ;
- Monsieur le Bâtonnier Ousmane Bouba TRAORE ;
- Monsieur le Bâtonnier, Dominique KIMBALA.
La feuille de route préparée à Lyon sur l’avenir de la CIB à l’horizon 2025-2030 a également été adoptée.
L’Assemblée générale s’est ensuite poursuivie à l’occasion de la soirée de gala.
Elle a élu le Bâtonnier Claude Folly ADAMA en qualité de Président de la CIB pour la mandature 2025-2026.
La passation s’est déroulée lors de la soirée de gala, au cours de laquelle la Présidente de la mandature 2024-2025, Madame la Bâtonnière Murielle RENAR-LEGRAND, chaleureusement acclamée pour son mandat, a remis à son successeur la lettre fondatrice de Guy DANET, reçue du barreau de Toulouse en clôture de son tour du monde célébrant le quarantième anniversaire de notre institution, ainsi que l’écharpe présidentielle.
Cette cérémonie a été suivie de la nomination de Madame la Bâtonnière Murielle RENAR-LEGRAND en qualité de présidente d’honneur et de l’annonce du congrès de la CIB BRAZZAVILLE 2026.
Retrouvez la vidéo de présentation du congrès de Brazzaville.
Rendez-vous est donné du 2 au 5 décembre 2026 !
En attendant, revivez les temps forts du congrès de Lomé en image :



