La CIB était à Kinshasa
À Kinshasa, la profession d’avocat renforce ses compétences pour assumer sa responsabilité sociale tandis que les bâtonniers marquent leur détermination à voir assurer l’autorégulation de la profession pour faire face aux défis du monde moderne.
La Conférence Internationale des Barreaux (CIB) avait choisi la capitale congolaise pour offrir avec le concours de l’ERSUMA et de l’Ordre National de la RDC une formation de grande ampleur en droit OHADA, en marge de laquelle s’est tenu la 2e édition du Forum des Bâtonniers. Ces deux événements distincts, mais complémentaires, illustrent les priorités d’une profession confrontée à des défis à la fois techniques et institutionnels, ainsi que le rôle de la CIB pour fournir une réponse dans le respect de notre tradition juridique commune.
1. Une formation d’envergure sur la gouvernance des entreprises
Les 15 et 16 avril 2026, près de 300 avocats ont participé à la formation consacrée à la gouvernance des entreprises en droit OHADA. Les inscriptions se sont révélées vite complètes, ce qui témoigne de la volonté des avocats d’offrir des prestations d’excellence.
Les travaux ont porté sur l’application du droit issu des actes du traité OHADA, mécanismes de gouvernance, pour répondre aux spécificités des structures juridiques, l’exploitation des données comptables et le rôle des avocats dans le conseil juridique et la sécurisation des opérations économiques. L’objectif étant d’approfondir les connaissances des avocats sur les pratiques de la gouvernance des entreprises.
Dans un contexte de développement et d’intégration économique croissante, ces questions sont stratégiques, notamment pour attirer les investissements et renforcer la confiance des acteurs économiques.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de professionnalisation accrue. En renforçant leurs compétences techniques, les avocats entendent mieux accompagner les entreprises et contribuer à la sécurité juridique. Elle illustre aussi l’importance de la formation dans un monde toujours et de plus en plus en mouvement et la volonté des avocats de voir adapter leur compétence en continu.
2. Le Forum des bâtonniers : une alerte sur l’État de droit
Organisée dans le prolongement d’une première réunion tenue à Lyon, France en avril 2025, la deuxième édition du Forum des bâtonniers de la Conférence Internationale des Barreaux a réuni des représentants de barreaux francophones autour des enjeux institutionnels de la profession.
À l’issue d’une journée de réflexion au vu d’un rapport d’ensemble établi par le secrétaire général, une déclaration commune a été adoptée à l’unanimité des bâtonniers des barreaux membres de la CIB. Celle-ci prend en compte les ingérences de plus en plus nombreuses qui mettent en cause l’indépendance de la justice et les entraves au libre exercice de la profession d’avocat. Les bâtonniers rappellent que l’avocat constitue un acteur essentiel du système judiciaire et un garant des droits fondamentaux en demandant des réponses uniformes.
Cette déclaration était adoptée dans un contexte d’une haute gravité, la poursuite de plusieurs avocats en Tunisie, l’incarcération prolongée de Guy Hervé Kam au Burkina Faso malgré une décision de justice ordonnant sa libération, la tentative d’assassinat du Président de la Fédération des barreaux d’Haïti et l’introduction en France d’une justice négociée au détriment de la présomption d’innocence.
Sans avocats libres, indépendants et protégés, l’accès à une justice équitable est compromis. Les barreaux appellent ainsi les États à respecter leurs engagements internationaux et à garantir des conditions d’exercice sûres pour les professionnels du droit.
Ils appellent également la CIB à proposer des standards internationaux permettant de garantir la protection des avocats et du secret professionnel.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte international marqué par des tensions croissantes autour de l’État de droit. Dans certains pays, les pressions politiques ou sécuritaires sur les institutions judiciaires et les avocats suscitent des inquiétudes. Le Forum apparaît dès lors comme un espace de vigilance et de coordination, où la profession tente de faire entendre une voix commune.
En réunissant ces deux temps forts, formation technique et réflexion institutionnelle, les barreaux membres de la CIB entendent afficher une réponse uniforme : renforcer les compétences des avocats, affirmer leur responsabilité sociale, préserver le secret professionnel et l’autorégulation de la profession.
À l’issue de ces journées, le Conseil d’administration de la CIB s’est réuni à la Maison du Barreau de Kinshasa-Gombe tandis que le Directeur exécutif de la CIB s’est rendu à Brazzaville, République du Congo pour participer aux travaux du comité d’organisation au congrès de Brazzaville qui se tiendra du 2 au 5 décembre 2026 sur le thème suivant : « Du cabinet d’avocat traditionnel à la machine de guerre juridique : Un même serment, de nouveaux défis ».













































































































