ALERTE INTERNATIONALE DISPARITION FORCÉE PRÉSUMÉE DE MAÎTRE MOUNTAGA TALL ET ENLÈVEMENT DE SON FILS AÎNÉ

 

La Conférence Internationale des Barreaux de tradition juridique commune (CIB) qui regroupe les barreaux de 42 Etats à travers le monde, exprime sa très vive inquiétude et sa profonde indignation devant la situation extrêmement grave entourant la disparition de Maître Mountaga Tall, avocat au Barreau du Mali, demeuré introuvable depuis son enlèvement survenu dans la nuit du 2 au 3 mai 2026 à Bamako.

Depuis cette date, aucune information officielle n’a été communiquée ni sur son lieu de détention, ni sur son état de santé, ni sur les motifs d’une quelconque mesure privative de liberté.

Selon les informations recueillies auprès de sa famille, Maître Mountaga Tall n’a, à ce jour :

  • été présenté à aucune autorité judiciaire ;
  • eu accès à aucun avocat ni à l’institution ordinale dirigée par le Bâtonnier ;
  • reçu aucune visite de sa famille ;
  • ni bénéficié d’aucun examen ou suivi médical connu.

La situation a malheureusement connu nouveau développement d’une exceptionnelle gravité.

En effet, selon les déclarations concordantes recueillies auprès de sa famille, le fils aîné de Maître Mountaga Tall, qui avait été invité de façon rassurante à se présenter le 16 mai 2026 avec des effets personnels et des médicaments destinés à son père, aurait lui-même été enlevé depuis cette date et demeure également introuvable.

De tels faits constituent des enlèvements suivis de séquestrations arbitraires qui ne peuvent bénéficier d’aucune impunité et constitueraient une violation particulièrement grave et alarmante des principes les plus élémentaires de l’État de droit et des droits fondamentaux reconnus par le Mali.

La CIB rappelle avec force que les avocats doivent pouvoir exercer leur mission sans intimidation, sans représailles, sans harcèlement et sans menace contre leur personne ou leurs proches, conformément aux principes fondamentaux des Nations Unies relatifs au rôle du barreau.

En conséquence, la CIB :

  • EXIGE que toute la lumière soit immédiatement faite sur le sort de Maître Mountaga Tall et de son fils ;
  • EXIGE leur libération immédiate et sans condition ou à tout le moins leur présentation immédiate devant une autorité judiciaire ;
  • DEMANDE qu’ils puissent immédiatement avoir accès à leurs familles, à leurs avocats et à des soins médicaux appropriés ;
  • ALERTE la communauté internationale, les organisations professionnelles d’avocats ainsi que les mécanismes internationaux et africains de protection des droits fondamentaux sur l’extrême gravité de cette situation.

La CIB appelle solennellement les autorités compétentes à respecter strictement les obligations découlant des engagements internationaux relatifs aux droits fondamentaux et aux garanties fondamentales de la défense.

Elle se réserve le droit de saisir sans délai les mécanismes internationaux compétents, notamment les procédures spéciales des Nations Unies et les instances africaines de protection des droits fondamentaux.

La CIB réaffirme enfin que toute atteinte portée à un avocat dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de sa mission constitue une atteinte directe à la justice, à la défense et à l’État de droit.

 

Pour la CIB

Claude FOLLY ADAMA, Président                                    

 Bernard VATIER,  Secrétaire Général

 

Le Comité de La Défense de la Défense de la CIB , et les Secrétaires Généraux Adjoints

Papa Laïty NDIAYE, Secrétaire général adjoint          

Xavier-Jean KEÏTA, Secrétaire général adjoint                                  

CIB Avocats

La CIB a pour objet de créer une structure de coopération entre les Barreaux de pays de tradition juridique commune, c’est-à-dire essentiellement les Barreaux francophones.

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